Ce qui reste du jour

Certains diront que créer une nouvelle maison d’édition – encore une autre ! – en 2025 est une manifestation assez avérée d’idiotie ou de naïveté. Comment leur donner tort ? Le plus sûr moyen de devenir millionnaire dans le monde de l’édition est de commencer milliardaire.

D’autres jugeront que le nom de notre maison est un peu crépusculaire et pas très enthousiasmant. Ils auront bien raison. Enfin, pas tout à fait. « Ce qui reste du jour » est, d’abord, un hommage discret, mais appuyé, à Julien Green. C’est surtout un attachement au crépuscule et à son éclat particulier. À midi, quand le soleil est à son zénith, la lumière parfois aveugle si parfaitement les choses et le jour qu’elle ne permet plus de rien déceler. Mais dès que la nuit tombe et qu’il ne reste plus à l’horizon que quelques rais diffus pour éclairer le monde, alors la lumière chancelante de la presque-nuit ne dissimule plus rien au regard : elle révèle tout. Curieux paradoxe de la camera obscura : il faut que l’obscurité soit sur le point d’advenir pour que de faibles lueurs, imperceptibles, deviennent aussi puissantes que des astres étincelants.

Que reste-t-il du jour dans l’époque qui est la nôtre et qui, trop souvent, considère que la pâleur bleutée d’un téléviseur ou d’un ordinateur est, en soi, une illumination ? C’est, au fond, notre question et notre objet – notre věc, pour parler comme Jan Patočka.

Ici, nous aimons les textes qui ne font pas semblant, qui ne se plient pas, qui ne fuient pas, qui ne surjouent pas, mais qui tentent seulement d’entrevoir la vérité. Une vérité qu’on ne reçoit jamais en bloc, mais toujours par parcelles et par fragments disparates. Nous aimons les textes qui tiennent un souffle, une voix, un nerf, une interrogation, voire une obsession. Nous aimons la tension et la contradiction, le débat, aussi bien que l’art français de la conversation. Nous aimons les textes qui savent que le style n’est jamais une parure, mais le chemin qu’emprunte nécessairement toute pensée qui se meut dans son propre doute. Nous n’aimons pas les systèmes. Nous leur préférons les textes qui avancent avec netteté, précision, intensité, risque.

Nous n’avons évidemment aucune ligne éditoriale. Les seules lignes que nous connaissons sont ferroviaires et nous nous engageons à ne publier aucun indicateur des chemins de fer dans les trente années qui viennent. Après, on verra.

Nous espérons seulement rencontrer et accueillir, parmi nous, des auteurs, des lecteurs, des libraires qui prendront un peu de plaisir et de joie à se joindre à cette aventure qui s’ouvre.

À propos des manuscrits

Nous recevons les manuscrits avec attention, mais uniquement au format numérique. Merci donc de ne pas nous envoyer de documents papier, aussi bien présentés soient-ils. Un PDF suffit amplement à notre bonheur. Cela vous fera économiser quelques frais postaux, quelques feuilles de papier et quelques décilitres d’encre.

Nous publions à compte d’éditeur exclusivement. Nous ne pratiquons aucune forme d’édition à compte d’auteur (mais nous pouvons renseigner gratuitement chacun sur des imprimeurs pas chers, qui l’escroqueront moins que certaines maisons).

De même, nous ne signons aucune déclaration de confidentialité : nous ne sommes pas aux États-Unis et ce n’est pas ainsi que nous envisageons la relation avec un auteur. La discrétion est déontologique à nos yeux. Et la confiance, chez nous, précède tout contrat.

Si vous pensez que votre texte peut entrer en résonance avec notre projet éditorial, vous pouvez nous l’adresser simplement, accompagné de quelques mots.

Nous lisons avec sérieux. Parfois avec un peu de lenteur. Merci d’avance pour votre patience.

Presse, médias, rencontres

Nous répondons avec plaisir aux demandes de presse, de présentation, de rencontre ou d’entretien.
Si vous souhaitez recevoir un service de presse, organiser une discussion ou publier un article sur nos livres, vous pouvez nous écrire directement.

Commandes & facturation

Toutes les commandes (librairies, institutions, particuliers) sont traitées directement par la maison.
Pour toute demande de devis, de facture, d’exemplaires en nombre, ou pour un envoi spécifique, vous pouvez nous écrire. Nous répondons rapidement et simplement. Chaque livre est préparé avec soin, à la main.

Droits dérivés

Les demandes concernant les droits de traduction, d’adaptation ou la reproduction d’extraits peuvent nous être adressées. Nos textes ont chacun leur propre souffle : nous les accompagnons avec attention.

FAQ

Acceptez-vous les manuscrits écrits à l’envers, pour être lus dans un miroir ?

L
K

Nous n’acceptons évidemment que ce genre de manuscrits, parce que nous admirons Léonard de Vinci !

Vos livres sont-ils compatibles avec les liseuses ? (S’ils sont posés dessus, par exemple.)

L
K
Non. Nos livres sont uniquement compatibles avec les grille-pains. Mais nous vous conseillons de composer le 18 avant toute tentative de lecture.

Est-ce qu’on peut vous envoyer un manuscrit par téléphone si on parle lentement ?

L
K
Oh oui ! Cela soulagera certainement votre pigeon voyageur. On s’appelle du 15 septembre au 30 mai prochain alors ?

Puis-je acheter un livre que je n’ai pas lu, ou faut-il d’abord en faire la demande motivée ?

L
K
Nous vous déconseillons de lire un livre que vous n’avez pas acheté !

Les libraires peuvent-ils commander vos livres même s’ils n’en ont vendu aucun ?

L
K
Evidemment ! Certains de nos amis libraires, que nous apprécions énormément, aiment tellement nos livres qu’ils n’en vendent jamais aucun. C’est un peu égoïste et possessif. Mais l’amour jamais ne se discute.

Vos auteurs doivent-ils écrire en français ou est-ce toléré ?

L
K
Nous ne publions plus aucun surréaliste depuis 1916, quand Arthur Cravan, complètement bourré, a dû déclarer forfait contre son rival français, le boxeur Franck Hoche.

Puis-je vous envoyer mon manuscrit une page par semaine, pour créer du suspense ?

L
K
Oui, c’est la méthode que nous recommandons. Mais une page par an serait un meilleur rythme. Pour renforcer le suspense.

Un manuscrit peut-il être trop bien écrit pour être crédible ?

L
K
Absolument ! Et c’est souvent le cas : 99 % des textes que nous refusons sont trop bons pour être publiés.

Avez-vous déjà refusé un manuscrit par erreur, puis décidé de le refuser à nouveau, mais consciemment cette fois ?

L
K
Nous refusons toujours les manuscrits par erreur, quitte à la commettre deux fois.

Un lecteur peut-il se plaindre si, en refermant un de vos livres, il ne pense plus du tout la même chose qu’en l’ouvrant ?

L
K
Oui. Et, dans ce cas, nous le remboursons.

Peut-on envoyer un manuscrit sans l’avoir écrit, mais en ayant l’intention ferme de s’y mettre un jour ?

L
K
Oui. Mais dans ce cas, il faut nous l’envoyer par voie postale avec vingt timbres joints à la lettre, afin que nous puissions vous le renvoyer si jamais, par malchance, il n’était pas accepté par notre comité de lecture.