Clémentine Delait

Mémoires de la femme à barbe

Elle n’a jamais milité : elle s’est contentée de ne pas se raser. Et cela a suffi à faire trembler les normes. Clémentine Delait, femme à barbe, femme de tête.

À l’orée du XXe siècle, dans les Vosges, une femme fait un pari anodin : garder sa barbe. Le geste, minuscule en apparence, bouleverse tout. De patronne de café, elle devient figure nationale.
Photographiée, admirée, redoutée, Clémentine Delait transforme une singularité corporelle en puissance publique. Elle ne revendique rien, mais elle impose tout – avec humour, panache et une barbe soyeuse longue de 35 cm.

Ses Mémoires, dictés en 1934, sont une traversée joyeuse de la Belle Époque : brochets records, gendarmes rossés, lions domptés, douaniers mystifiés… Une vie où l’on vend des cartes postales, où l’on tient tête aux hommes, où l’on devient une légende sans jamais baisser la voix.

Édition établie, présentée et commentée par François Miclo, suivie d’un cahier iconographique et documentaire.

Préface de Cédrix Haxaire, maire de Thaon-les-Vosges.


Clémentine Delait (1865–1939), vosgienne, patronne de café, épouse fidèle et figure singulière de la Belle Époque, devient célèbre pour avoir porté sa barbe comme un ornement. Refusant le cirque, elle choisit la scène du quotidien : cartes postales, costume masculin, humour redoutable. Une femme libre qui a fait de son image une force.
Auteur : Clémentine Delait
Genre : Essai
Date de parution : Septembre 2025
ISBN : 979-10-978553-2-1
Nombre de pages : 112
Format : 140x216 mm
Poids : 153 g

"À partir de 1900, Clémentine Delait ne se contente plus d’occuper l’espace de son café : elle s’étend. Son visage encadré de barbe, d’abord regardé avec amusement ou surprise, devient une image en circulation, une figure publique. Elle entre dans l’ère de la reproductibilité visuelle avec une lucidité impressionnante : très tôt, elle comprend que son apparence peut devenir une marque. Et elle s’en empare avec méthode.

Le « Café de la Femme à Barbe » devient sa vitrine. L’enseigne, peinte en lettres capitales, attire les curieux venus de Thaon, d’Épinal, des villages voisins, souvent de plus loin. Des photographes s’installent, prennent des clichés, tirent des cartes postales. Clémentine les signe, les vend. On en recense aujourd’hui une quarantaine de modèles différents et sans doute bien plus. Certaines la montrent debout devant son établissement, d’autres à bicyclette, en costume masculin, parfois avec ses chiens, parfois seule, toujours droite, posée, souveraine. À une époque où la carte postale illustrée connaît un essor fulgurant, elle devient un support idéal pour la diffusion d’une singularité stylisée. Mais Clémentine ne laisse rien au hasard. Elle fait ajouter un cachet sur les cartes vendues au café : « Exigez le cachet de Mme Delait ! ». Elle surveille les tirages, contrôle l’image, signe les exemplaires. Elle est à la fois modèle, éditrice, marchande. Ce n’est pas une exploitation passive de sa différence : c’est une stratégie d’auto-promotion. En cela, elle se distingue radicalement des autres femmes à barbe exhibées dans les foires, souvent anonymes, sans voix, dépendantes d’un imprésario ou d’un entrepreneur de spectacle. "

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"Ma jeunesse fut celle de toutes les filles de la campagne, obscure et laborieuse. J’avais une belle santé et le travail ne me faisait pas peur."
Mémoires de la femme à barbe
Clémentine Delait
Essai
Parution : Septembre 2025
ISBN : 979-10-978553-2-1
112 pages

12,00 

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